Pourquoi la génération Z n’est pas réellement passive face à son iPhone

Si vous ne connaissez pas encore l’excellent podcast Relife, je vous recommande de vous y abonner et d’écouter notamment l’épisode 18 Hommes couture, femmes soudure où Guillaume, Mathieu et Olivier m’ont captivée pendant deux heures. Ils ont, en plus, eu la gentillesse de parler de ma chaîne Youtube et je tiens à les en remercier. Dans cet épisode, de nombreux sujets ont été abordés et je souhaitais donner mon point de vue sur les jeunes face à leur téléphone.

Ceux qui comme moi sont nés dans les années 70/80 entendent – ou disent – très souvent que les adolescents et les jeunes adultes de la Génération Z sont passifs face à leurs écrans, tels « de vrais zombies ! ». Quand je regarde mes neveux et mes nièces fixés devant leur téléphone, il est vrai qu’au premier abord, ils sont happés par leur écran et qu’il en est difficile de les faire décrocher. Ce rapport à l’écran m’a fait beaucoup réfléchir ces derniers mois et je vous propose de l’aborder sous un autre angle.

Projetons-nous en arrière quelques instants. Est-ce que cela ne vous rappelle pas votre enfance face à la télévision ou face à votre console de jeux vidéo ? Est-ce que vos parents ne vous criaient pas « Bon, tu éteins cette télé, ça suffit maintenant ! ». Imaginez maintenant que votre console fétiche tienne dans votre poche – un GameBoy puissance 10000 rechargeable autant qu’on veut – contenant tous les jeux du monde, tous les médias, tous vos amis et tout un tas de distractions possibles et inimaginables.

Si j’étais née en l’an 2000, j’aurai un iPhone dans chaque poche, c’est une évidence.

J’entends également dire que les adolescents et jeunes adultes sont de simples consommateurs, ne comprenant pas comment fonctionne l’informatique – « et ils s’en fichent en plus ! » –  et ne produisant rien malgré « toute la puissance qu’ils ont entre leurs mains ! ». À cela, je répondrais que ce sont simplement des utilisateurs. Utilisateurs d’un produit qui fonctionne, ne plante pas, ne nécessite pas d’être bidouillé pour être plus rapide ou mieux adapté.

C’est comme si on vous reprochait de ne pas savoir comment fonctionne le moteur de votre voiture alors que vous l’utilisez tous les jours. Comment fonctionne la machine à laver, la chaudière, l’électricité, la perceuse. Je n’ai pas besoin de savoir comment ça fonctionne pour m’en servir, je suis une utilisatrice de tous ces produits sans me poser de questions puisque ça marche.

La dernière fois que ma machine est tombée en panne, je l’ai réparée grâce à une vidéo trouvée sur Youtube et à des charbons achetés sur Amazon. Avais-je pourtant besoin de toute savoir sur les machines à laver avant cette panne ? Non. Cela ne m’a pas empêché de trouver une solution, quand le besoin s’est fait sentir. Est-ce que je sais tout des machines à laver aujourd’hui ? Non. J’attends d’ailleurs la prochaine panne avec impatience. L’informatique et notamment les appareils mobiles d’aujourd’hui sont des produits aboutis : on les allume et ça fonctionne, encore et encore, jour après jour.

Grâce à Internet, la génération Z a grandi avec des tonnes d’informations à portée de main, ils sont avertis, leur développement personnel est bien plus avancé que le nôtre au même âge ; ce qui n’est peut-être pas une bonne chose mais ça, seul le futur nous le dira. Sur Youtube, ils ont pu regarder quelqu’un qui les a fait réfléchir à ce qui était bon ou mauvais pour eux. Sur Twitter, ils se sont pris des infos du bout du monde brutalement en plein figure, sans filtre, alors que nos parents nous cachaient les yeux devant le journal télévisé. Sur Google, ils ont découvert les corps, le sexe, l’humiliation, la violence, la haine. Et, face à cela, du positif : les cagnottes en ligne, l’entraide, Wikipédia, la rébellion, la réussite, le pouvoir des masses, l’art, le talent et les chatons mignons.

Je ne sais pas quels adultes ils seront. Tout ce que je sais, c’est qu’à 37 ans, je trouve le monde parfois bien laid. Et si je l’avais vu si laid si jeune, j’aurai dû développer un sacré courage pour avancer malgré tout. Alors, ne soyez pas trop dur avec vos ados – même quand ils sont collés à leur écran – et n’oubliez jamais de vous projeter à leur place, à notre époque.

Image d’illustration © Nensuria – Freepik.com

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